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Tabous en matière de santé publique

Comment les personnalités des mondes de la science, de l’économie, de la politique et de la société civile abordentelles les tabous économiques, sociaux et éthiques. Que ce passe-t-il lorsqu’on intervertit les rôles, et que les partisans du libéralisme prennent le parti des défenseurs des patients? Pendant les 3 jours qu’a duré le 4e Dialogue sur la science de l’Academia Engelberg, près de 100 participants provenant des pays de langue allemande ont relevé ce défi.

Ils ont débattu intensément des questions de santé publique. Au cours d’une session d’exercice, les participants étaient chargés de développer le programme d’un parti concernant la santé en 2010, en allant à l’encontre de leurs convictions réelles. Ce travail était placé sous la surveillance de membres de la Fondation suisse d’études qui participaient activement à la rencontre.

Placés devant un miroir

En rejouant diverses scènes, les étudiants ont représenté de manière quelque peu caricaturale la contribution de chacun dans cette dynamique de groupe. Ils ont observé les différents caractères et comment chacun entrait dans son rôle. Mais ils ont également prêté attention au contenu des différentes discussions. Et là on a pu en-tendre quelques perles du genre « Maintenant que nous sommes des politiciens, peu importe ce que nous croyons vraiment », et « En tant que politiciens, nous devons poser nos exigences, non pas trouver des solutions ; les experts sont là pour ça ». Il convient de relever aussi le grand respect dont ont fait preuve les participants à propos des tabous. Des sujets comme la caisse unique, la médecine à 2 vitesses ou les solutions par la mort de l’assurance de base ont certes été abordés, sans pourtant faire l’objet de discussions approfondies.

Discussion plaisante

Professeur Heinz Gutscher, spécialiste de la psychologie sociale à l’Université de Zurich, a dépouillé avec l’aide des étudiantes et des étudiants les contributions des participants. En guise d’introduction, il a proposé l’adoption d’un « Moratoire de la correction politique ». « C’est un enrichissement pour chaque groupe de pouvoir sor-tir de son rôle et occuper pendant un moment une position alternative. » Ce type d’exercice permet de favoriser la compréhension pour « la partie adverse ». L’évaluation finale a révélé des résultats étonnants: après avoir changé de rôle, les partisans des solutions libérales ont montré plus de compréhension pour la position des défenseurs des patients que le contraire. Un petit sondage a montré que, pour la majorité des participants, cette discussion avait ouvert de nouvelles pistes de ré-flexion pour l’avenir en matière de santé publique.

Résumé de l’intervention de Ruth Dreifuss

Pour clôturer le congrès, l’ancienne Conseillère fédérale Ruth Dreifuss a défendu la LAMal 10 ans après son introduction. Le système n’est pas mauvais dans son principe, mais il présente encore quelques défauts qui devraient être corrigés « si l’on veut éviter que le système n’implose ». Parmi les mesures de correction, elle a pro-posé le modèle « Managed Care », mais avec le libre choix du médecin. Par ailleurs la responsabilité devrait être mieux partagée entre ceux qui financent le système (l’Etat, les caisses maladie et les citoyens), les soignants et les patients. Par contre elle a absolument déconseillé la prime par tête qui est actuellement en discussion en Allemagne.

Sommes-nous au bout du rouleau?

L’année prochaine, les représentantes et représentants de la science, de l’économie, de la politique et de la société civile se retrouveront du 11 au 13 octobre 2006 pour discuter de l’énergie. La pénurie des ressources, les alternatives envisageables entre énergie nucléaire et énergie solaire feront l’objet des discussions. Par ailleurs ils chercheront à savoir de manière générale de quelles ressources nous disposerons encore à l’avenir. Encore un sujet qui est « tapissé » de tabous, comme l’a ajouté Klaus Hug, Président de la Fondation Academia Engelberg, au moment de clôturer la rencontre.

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Pour plus d’informations, les représentants des médias peuvent s’adresser à: Academia Engelberg, Beatrice Suter, KommunikationsWerkstatt GmbH, tél. 0041- 79 - 211 10 44, courriel:: media@academia-engelberg.ch

Les photos de la rencontre sont disponibles gratui-tement sous www.academia-engelberg.ch -> Welcome -> Medien

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